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ACCUEIL DES RÉFUGIÉS SYRIENS EN JORDANIE
12/12/2011
Accueillir l’étranger en Jordaniepar J. Daryl BylerAMMAN, Jordanie – À l’épicerie de l’angle de notre quartier de Jabal al-Webdah à Amman, un jeune Syrien d’une vingtaine d’années est responsable du rayon viande et fromage. Ahmed (nom d’emprunt) est l’un des quelque 150 000 Syriens qui se sont enfuis en Jordanie depuis mars 2011, le début des violences dans son pays.Les jeunes hommes cherchant à éviter d’être enrôlés dans l’armée forment l’un des principaux groupes de ceux qui quittent la Syrie.Ahmed vire son salaire à sa famille en Syrie et il les appelle chaque soir pour être certain qu’ils sont saufs. « La situation en Syrie est encore pire que ce qu’en disent les informations, » se plaint-il.Un rapport récent du bureau du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) remarque que de plus en plus, les Syriens arrivent en Jordanie avec uniquement les habits qu’ils portent et très peu d’argent, après des mois sans travail.J’ai rencontré Salwa, une Syrienne de Homs, dans un centre de Caritas Jordanie dans la ville de Mafraq, au nord du pays. C’est l’un des sites d’où de jeunes volontaires jordaniens distribuent des ressources matérielles du MCC en provenance du Canada et des États-Unis : des milliers de trousses de secours, de trousses d’hygiène, de trousses scolaires et de couvertures.Salwa est venue en Jordanie au début 2012 avec son mari et quatre jeunes enfants, après que deux de ses voisins aient été tués et que l’épicerie de son mari ait été saisie par les forces de sécurité syriennes.À Mafraq, ils louent un petit appartement pour 140 $ US/110 € par mois. « Tout est plus cher en Jordanie qu’à Homs, » remarque Salwa. Son mari n’a pas pu trouver du travail à Mafraq. Elle dit que les besoins les plus urgents de sa famille sont la sécurité, du lait et des matelas.La Jordanie possède une longue histoire d’accueil des étrangers. À cause du rude climat du désert, les Bédouins offraient trois jours d’hospitalité à quiconque passait près de leur tente. Étonnamment, cette hospitalité s’étendait également à ses ennemis.Bien plus de la moitié de la population de la Jordanie est constituée de nouveaux venus arrivés ces 60 dernières années. Avec une population totale de seulement 6,5 millions de personnes, la Jordanie a ouvert les bras à 2,7 millions de Palestiniens (réfugiés des guerres de 1948 et de 1967 et leurs descendants), à un demi-million d’Irakiens, à des milliers de Somaliens, de Soudanais et de Libyens, et maintenant à plus de 150 000 Syriens.Cette hospitalité est remarquable vu les défis présents de la Jordanie dans les domaines économique (plus de 13 % de chômage), politique (manifestations hebdomadaires réclamant une réforme du gouvernement) et des infrastructures (parmi les dix pays du monde souffrant le plus de pénuries d’eau).Une telle générosité comporte des risques. La Jordanie a depuis longtemps la réputation d’être un des pays les plus stables du Proche-Orient. Néanmoins, certains analystes disent que l’insatisfaction croît.Ils craignent que l’influx actuel de réfugiés syriens puisse rompre la stabilité sociale branlante de la Jordanie. En effet, de nombreux Jordaniens ont commencé à se plaindre des hausses du coût des aliments et de celle du logement qu'ils croient liées à cette nouvelle vague de réfugiés. D’autres craignent que des groupes comme Al Qaïda se mêlent aux réfugiés et qu’ils s’attaquent à des cibles en Jordanie. Il y a également des rapports d’escarmouches à la frontière syro-jordanienne, parce que les forces jordaniennes aident les réfugiés à entrer dans le pays et que le régime syrien réagit.Néanmoins, la Jordanie continue à appliquer une politique de la porte ouverte et elle fournit des soins de santé et ouvre ses écoles aux Syriens qui se font enregistrer auprès du HCR.Mais, ni le gouvernement jordanien, ni les agences de l’ONU ne peuvent répondre à tous les besoins. L’ONU a reçu seulement dix pour cent des 40 000 000 $ US/31 000 000 € nécessaires pour le soutien jusqu’à fin septembre des réfugiés syriens en Jordanie. Des œuvres locales comme Caritas Jordanie, partenaire du MCC, sont devenues des acteurs clefs pour l’accueil des réfugiés syriens.Se rappeler ses propres états de vulnérabilité est une clef pour étendre notre générosité et notre justice aux étrangers. Nous, chrétiens de l’Occident, avons beaucoup à apprendre des Bédouins de Jordanie.J. Daryl Byler de Washington, D.C. et son épouse Cindy, sont des directeurs du MCC au Proche-Orient, basés à Amman. Cet article a d’abord été publié sur sojo.net, le site de Sojourners. Il est utilisé avec leur accord.Photo disponible : Jameel Dababneh, coordinateur des actions d’urgence de Caritas Jordanie, accueille un jeune réfugié syrien. Caritas Jordanie, œuvre partenaire du MCC, est une des organisations qui accueille les réfugiés, qui leur offre une aide matérielle et qui les met en relation avec les services sociaux. (Photo du MCC de J. Daryl Byler)Photo disponible : J. Daryl Byler (portrait)
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